🗞️ 2 juillet 1816 : Naufrage de la Méduse — 15 survivants deviennent résidents du Louvre sans payer l’entrée
🚢 Le début de la fin : « On a suivi une mouette, elle avait l’air sûre d’elle »
Étés 1816. L’Europe est sortie de la guerre, la France récupère le Sénégal, et pour fêter ça, on envoie La Méduse sur place avec tout ce qu’il faut pour bien recoloniser : militaires, colons, fonctionnaires… et un capitaine plus rouillé qu’un fer à repasser breton.
Ce capitaine, c’est Hugues Duroy de Chaumareys, un aristocrate revenu du placard comme un vieux plat dans un Tupperware. Il n’a plus navigué depuis que la Révolution était encore en mode bêta. Le type pose sa casquette, se repère à la position du soleil et… finit sur un banc. De sable.
« À l’époque, on n’avait pas de GPS. Mais on avait l’instinct. Dommage que le mien pointait vers le fiasco. »
— Hugues D. Chaumareys, navigateur rétrogradé post-mortem
🏖️ Banc de sable + capitaine nostalgique = galère historique
Le 2 juillet 1816, La Méduse s’échoue royalement (dans tous les sens du terme) sur le banc de l’Arguin. Pas de bol : ce spot n’est ni classé Airbnb, ni fréquenté par les sirènes. Très vite, la panique prend l’eau : les canots sont aussi rares que les tweets pertinents d’Elon Musk.
On bricole alors un radeau de fortune de 20 mètres, un genre de paddle géant, sur lequel on entasse 147 personnes. Objectif : être tractés par les chaloupes de l’élite. Spoiler : les cordes cèdent mystérieusement. Ou bien elles ont été « malencontreusement sectionnées » (synonyme maritime de « salut, et bonne démerde »).
🌊 Treize jours de galère : sans filtre, sans eau, sans RTT
À bord de ce Flunch flottant, l’ambiance vire rapidement à Battle Royale. Faim, soif, soleil, hallucinations : les naufragés passent du mode bronzette à The Walking Dead : saison océanique en moins de 48h.
Les premiers jours voient fondre les provisions (et la raison). Les derniers jours voient fondre… d’autres passagers. Oui, il y a eu cannibalisme, mais avec politesse : on a probablement dit “pardon” avant de grignoter un tibia.
Au bout de 13 jours, une frégate passe par là, récupère 15 survivants, et pose la question que tout le monde attendait :
« Vous avez pensé à immortaliser ça en peinture ? »
🎨 Géricault entre dans la partie (et dans l’histoire de l’art)
Le jeune peintre Théodore Géricault, alors en pleine période « dramatique chic », capte le potentiel buzz du drame. Il se met en quête d’infos, interroge des survivants, visite des morgues (concept innovant de musée à l’époque), et s’enferme dans son atelier pendant des mois pour pondre un tableau de 7 mètres de long, histoire de ne pas faire les choses à moitié.
Le résultat ? « Le Radeau de la Méduse », fresque de désespoir, chef-d’œuvre de l’angoisse, vision digne d’une pub AXA : « Et si ça vous arrivait ? ».
🖼️ Les naufragés, désormais accrochés (au mur)
Depuis, les 15 rescapés du tableau vivent en colocation permanente au Louvre, entre une aile égyptienne qui sent la momie et un resto hors de prix où le café coûte un SMIC. Ils posent, torse nu, hurlant vers l’horizon, tendant les bras comme s’ils appelaient UberSea.
Et chaque jour, des visiteurs déboussolés leur demandent s’ils sont « inspirés de Titanic ».
« Non, nous on a coulé dans l’autre sens. »
— Personnage flouté en bas à droite du tableau
🪦 Le Radeau : chronique d’un naufrage annoncé (et monétisé)
On peut dire que Géricault a transformé une tragédie étatique en succès artistique. C’est un peu l’ancêtre de Netflix qui adapte un fait divers glauque en mini-série dramatique. Sauf qu’ici, pas de binge-watching, mais des badauds bavant en silence.
Aujourd’hui encore, on ne sait pas :
- Si les cordes du radeau ont été coupées ou mangées.
- Si certains passagers se sont laissés peindre volontairement.
- Si le Louvre reverse des droits d’auteur aux descendants (spoiler : non).
📊 Infographie (non contractuelle mais émotionnelle)
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Passagers sur le radeau | 147 |
| Survivants au jour 13 | 15 |
| Nombre de snacks à bord | 1 (moisi) |
| Niveau de mélodrame | ★★★★★ |
| Surface du tableau | 35 m² (plus que ton appart) |
🪞 Reconstitution historique (presque fidèle)
Imaginez :
- Une trentaine de types cramés au soleil, suant la peur, discutant des dernières tendances en os humain à la plancha.
- Un radeau instable, avec la mer comme unique application météo.
- Et en arrière-plan, Géricault qui crayonne comme un forcené, en demandant :
« T’as pas un peu plus d’angoisse dans le regard ? »
🎭 Foire aux expressions issues de la Méduse
- « C’est la Méduse ici » → utilisé quand la situation est chaotique et humide.
- « Ramer pour survivre » → appliqué en stage ou pendant les soldes.
- « Faire le radeau » → attitude consistant à ne servir à rien tout en occupant beaucoup de place.
📚 Partie B — Le fond sérieux de l’histoire
L’épisode du naufrage de La Méduse est un scandale emblématique de la restauration monarchique française. Le navire, en route vers le Sénégal, s’échoue le 2 juillet 1816 à cause de l’incompétence du capitaine Hugues Duroy de Chaumareys, un noble promu pour ses relations, pas pour ses compétences maritimes.
Faute de place sur les canots de sauvetage, un radeau est improvisé. Les autorités prennent la décision discutable de l’abandonner en mer. Sur 147 hommes embarqués sur la structure, seuls 15 survivent après presque deux semaines de dérive marquée par des privations extrêmes et des comportements désespérés.
Ce naufrage indigne l’opinion publique française et devient un symbole du favoritisme royal et de l’injustice sociale. Théodore Géricault, touché par la dimension humaine et politique de la tragédie, consacre deux années de sa vie à réaliser un tableau magistral, à la fois dénonciation et chef-d’œuvre. Exposé en 1819, Le Radeau de la Méduse choque par sa force visuelle, et s’impose comme un jalon majeur de la peinture romantique française.