2 septembre 1910 - Décès de Henri Rousseau dit le douanier www.amuserlagalerie.fr

Mort du douanier Rousseau ou quand la naïveté artistique franchit toutes les frontières !

Henri Rousseau, l’homme qui peignait entre deux barrages douaniers
— Ou quand la naïveté artistique franchit toutes les frontières sans déclaration préalable — 🎨🛃⚰️


Introduction : Décès en douane – Le 2 septembre 1910, la peinture perd un agent en faction

Le 2 septembre 1910, le rideau tombe sans sommation sur l’existence paisible mais piquée de contrepoints chromatiques d’Henri Rousseau, alias « Le Douanier », peintre autodidacte et fonctionnaire zélé de l’octroi parisien. Ce jour-là, la grande douane céleste tamponne son visa vers l’au-delà sans possibilité de retour, ni même de recours en appel. Une triste fin pour celui qui, sa vie durant, aura jonglé entre pinceaux et procès-verbaux, pigments et péages, natures mortes et taxes vivantes.

La rumeur prétend qu’il aurait rendu son dernier souffle en peignant un zèbre d’après nature dans un square de la banlieue parisienne, croyant y déceler les prémices d’une savane administrative. Son certificat de décès aurait, dit-on, été orné d’une bordure à l’aquarelle. Probablement faux, mais profondément Rousseauesque.


Le fonctionnaire artiste : un homme qui savait tamponner ET estomper

Henri Rousseau naquit en 1844 à Laval, en Mayenne — commune pourtant peu réputée pour ses jungles tropicales, mais indéniablement féconde en administrations poussiéreuses. Autodidacte forcené, il embrasse la carrière de douanier, sans armes ni bagages mais avec un uniforme impeccablement repassé et une passion secrète pour les feuillages luxuriants.

Contrairement à une idée reçue aussi tenace qu’un chewing-gum sous un bureau d’école, Rousseau ne fut jamais douanier au sens frontalier du terme. Il officia à l’octroi de Paris, ce poste mi-fiscal mi-fantoche où l’on vérifiait que les Parisiens n’introduisaient pas clandestinement des litres de vin, des charcuteries louches ou des toiles impressionnistes dans la capitale.

Mais que fait un homme quand il n’a pas de jungle autour de lui ? Il l’invente. Entre deux contrôles de saucisson, Rousseau peignait. Ses œuvres, faites de perspectives bancales, d’animaux improbables et d’arbres plus touffus qu’un carnet de tickets de rationnement, étaient moquées, conspuées, lourdement taxées (encore !) de naïveté, au point qu’on aurait pu les confisquer pour fraude au réalisme.


Peinture naïve : l’art de peindre avec des sabots mais le cœur aux semelles de vent

La critique de l’époque, aussi douce qu’une amende majorée, ne voyait dans les tableaux de Rousseau qu’une maladresse pittoresque. « Peinture naïve », disaient-ils, comme on dit « enfantillage » en regardant un adulte qui joue à Pokémon Go en 1908.

Or, cette naïveté n’était pas le fruit d’un manque, mais d’un excès : celui de l’imagination. Rousseau ne copiait pas la nature, il la réinventait. À la réalité morne des rues pavées, il opposait des forêts improbables, des fauves aux yeux doux, des dames aux robes exotiques, comme s’il repeignait le monde selon ses rêves de fonctionnaire confiné dans une guérite.

Nul besoin de partir en voyage : il suffisait d’un herbier, d’un dictionnaire illustré et d’une boîte de couleurs Lidl (avant l’invention de Lidl) pour faire surgir l’Indochine derrière la Gare de Lyon.


Une vie entre deux mondes : celui de la douane, et celui de l’inconscient pictural

Sur l’image ci-dessus — capturée par un voyageur du temps anonyme muni d’un appareil IA de type Midjourney — on voit un Rousseau assis, dessinant fièrement un véhicule motorisé, probablement sans vignette. Le poste de douane est là, majestueux, et autour de lui, des automobiles patientent sous le regard circonspect de policiers en chapeau melon. Tout indique que notre artiste pourrait bel et bien avoir combiné, au même instant, le contrôle des chevaux fiscaux et l’étude des chevaux tout court.

Ce double exercice relève du prodige. D’un côté, il s’assure que personne ne franchit la barrière sans déclarer ses caisses de fruits exotiques. De l’autre, il crée un monde où les fruits parlent et les singes lisent les journaux.

La douane comme métaphore ? Rousseau filtre le réel comme il tamponne les camions, laissant passer l’imaginaire, retenant le banal. Et chaque tableau devient une contrebande poétique, un petit trafic d’émotions cachées dans les interstices de la jungle mentale.


Post-mortem : quand la peinture a le dernier mot sur le cachet de la poste

Henri Rousseau meurt donc un 2 septembre, frappé non par une amende, mais par une maladie bénigne mal soignée, comme un ultime pied de nez à l’autorité médicale. Ses derniers mots auraient été : « Je vois des lianes… et un gorille qui joue du banjo ». (Non sourcé, mais c’est joli.)

Après sa mort, les moqueurs se taisent. Picasso lui-même reconnaît son génie, allant jusqu’à organiser un banquet en son honneur, où le Douanier, tel un contrebandier des émotions, entre clandestinement dans le panthéon des artistes majeurs.


Conclusion : Le Douanier de l’imaginaire, ou comment franchir les frontières de l’art sans papiers

Henri Rousseau est mort, mais ses œuvres vivent. Elles trottinent dans l’imaginaire collectif comme de petits animaux de cirque s’échappant d’un rêve éveillé. Il était à la fois contrôleur et contrebandier, naïf et visionnaire, dessinateur de tampons fiscaux et de cocotiers hallucinés. Il aura prouvé que même sans diplôme, sans jungle réelle, sans école ni validation académique, on peut faire entrer la poésie là où on l’attend le moins : entre deux barils de vin et une déclaration de marchandises.


🧾 Post-scriptum sérieux

Œuvre originale : Henri Rousseau (1844–1910), surnommé « Le Douanier », était un peintre autodidacte français.
Il est principalement connu pour ses œuvres qualifiées de « peinture naïve », caractérisées par des formes simples, des couleurs vives, une perspective peu orthodoxe et des sujets souvent exotiques ou oniriques, comme Le Rêve, Le lion ayant faim se jette sur l’antilope, ou encore La Bohémienne endormie.

Bien qu’il n’ait jamais voyagé hors de France, Rousseau s’est inspiré de récits coloniaux, d’expositions universelles et de jardins botaniques pour créer ses fameuses jungles. Il fut moqué de son vivant, avant d’être réhabilité par les avant-gardes, notamment les surréalistes.

Le présent article détourne avec humour son surnom de « douanier » (lié à son poste d’agent de l’octroi de Paris) et son style naïf, dans une perspective parodique sans volonté de ridiculiser son œuvre.

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